Journal de fin de jeunesse http://anabalina.journalintime.com/ La violence des mots sur le papier, pour ne pas porter atteinte à la chair, détestée... fr 2017-06-25T22:04:00+02:00 http://anabalina.journalintime.com/Contrastes Contrastes Je me sens tristounette aujourd'hui. Alors qu'hier j'étais heureuse et joyeuse. La vie est pleine de contrastes. Chez moi, c'est assez virevoltant. Mes émotions se succèdent aussi rapidement que les jours. çA me fatigue beaucoup... Je peux passer une journée riche et merveilleuse, et alors le bien-être qui en découle semble s'être installé pour durer, annonçant une bonne période. Et le lendemain, je suis grise, et il n'est plus question de bonne période mais juste d'une bonne journée, trop vite écoulée. Aujourd'hui: j'ai discuté avec Steph, une amie d'enfance perdue de vue. Je me sens tristounette aujourd’hui. Alors qu’hier j’étais heureuse et joyeuse. La vie est pleine de contrastes. Chez moi, c’est assez virevoltant. Mes émotions se succèdent aussi rapidement que les jours. çA me fatigue beaucoup… Je peux passer une journée riche et merveilleuse, et alors le bien-être qui en découle semble s’être installé pour durer, annonçant une bonne période. Et le lendemain, je suis grise, et il n’est plus question de bonne période mais juste d’une bonne journée, trop vite écoulée.

Aujourd’hui: j’ai discuté avec Steph, une amie d’enfance perdue de vue. Elle a été ma première amie (on allait chez la même nourrice), mon amie la plus proche (on était voisines), celle avec qui j’ai dû passer le plus de temps (on a été collocs' pendant deux ans). Mais voilà, elle est partie vivre en Lozère, au bout du bout de notre amitié. Aux confins les plus inatteignables de notre attachement. Qui n’a pas résisté. Dans sa bulle, avec son nouveau mec, sa nouvelle vie champêtre, elle n’a plus eu besoin de ce lien, tissé affectueusement durant plus de deux décennies. C’est comme ça. C’est la vie.
Cependant, rien ne se perd. On est, par intermitence sporadique, en contact sur facebook. Et, il y a de cela 4 mois, alors que je passais 2 semaines chez mon père et que j’étais enceinte sans le savoir encore, elle m’a annoncé sa grossesse. D’une manière que j’ai trouvé orgueilleuse. Blessante. Prétentieuse. Ecrasante. Sans comprendre pourquoi. Elle nous a envoyé, à moi et une autre amie, la photo de son échographie en la commentant d’un suffisant :"J’ai quelqu’un à vous présenter!". Bien sur, ce n’était ni suffisant ni prétentieux ni même (très) orgueilleux de sa part. Mais c’est comme ça que je l’ai ressenti. Je me suis sentie blessée. Touchée. Laissée sur le bas côté. En dessous de tout; mon amie d’enfance, enceinte. Cette fille légèrement plus jeune que moi à qui j’enseignais la vie allait être maman. Et j’apprenais ça tandis que je séjournais chez mon père. En proie à une grande détresse lié à la situation compliquée d’alors avec Papillon. Et sujette à une fatigue, des nausées et une lassitude que je ne m’expliquais pas. (Que je ne voulais pas m’expliquer...) Forcément, à moi, dans toute ma complexité face à la maternité, cela m’a fait mal. M’a rendu triste et m’a plongé dans une mélancolie encore plus profonde. Je l’ai félicité. J’ai informé mon père que la petite Steph attendait un bébé, en proie face à lui à un inconfort et à une gêne diffuse. Et tout cela, sans savoir que moi même, j’attendais un bébé.
Aujourd’hui donc, on papotait sur facebook. Elle, semblant sincèrement se ravir pour moi de ma nouvelle vie professionnelle. Moi, feignant de me réjouir de ses 6 mois de grossesse et de son gros ventre. (Elle m’a envoyé des photos d’elle, magnifique et toute mince, sans un gramme de cellulite, avec juste son joli ventre, promesse de vie et de joie, qui dépasse de sa silhouette longiligne. Excroissance présomptueuse qui nous narguait, moi et mon ventre absurdement vide quand il devrait être plein de vie lui aussi. Plein de 4 mois et demi de vie.)
Elle m’a demandé si on avait un projet de bébé Papillon et moi. Je lui ai balancé mon avortement dans le bide. Et bam ! J’ai dû la choquer. Mais je ne pouvais pas le garder pour moi. Même si l’on s’est perdu, (et même si elle est catholique), elle reste mon amie d’enfance. Et je ne pouvais pas lui cacher ça. Je voulais qu’elle sache que moi aussi je pouvais être enceinte. Que moi aussi je pouvais procréer. Que j’en étais capable. Que mon corps en était capable. Comme si j’avais besoin de le revendiquer. Je me suis sentie effroyablement coupable. Je me suis justifié. Je me justifie tout le temps. J’assume difficilement. Elle a compris mon choix. Mais ne l’a pas admis pour autant, je l’ai bien vu.
Je ne lui ai pas donné la date de mon avortement. Mon avortement a eu lieu le jour de son anniversaire. Le 20 mars. C’est étrange quand j’y pense. Aujourd’hui surtout c’est étrange.
Et bon. Voilà. Cette discussion avec cette ancienne amie enceinte m’a plombé la journée. Je suis à la fois jalouse, amer, insaisissable. Non je ne me saisi pas là dessus. Je ne suis pas clair. Pourquoi la grossesse de filles qui me sont proches me chamboule autant ? M’envenime autant ? Parce-que moi aussi, aujourd’hui, si les circonstances avaient été autres, j’aurai balancé sur facebook une photo de mon ventre rond ? Moi aussi je caresserai mon ventre avec tendresse et impatience ?
Je ne veux pas être cette personne amer, qui envie la grossesse des autres. Je déteste cette personne là.
J’ai raconté l’anecdote à So. Elle m’a dit d’en parler à ma psy. Mais je ne sais pas comment. J’ai peur de ne pas y arriver.
Et puis pourquoi on en parle jamais avec Papillon ? Pourquoi c’est si tabou ?
(Putain ça me libère d’en parler ici. Je ne soupçonnais pas que je souffrais autant de ça.)
Steph est venue me parler sur facebook car elle voulait mon adresse. Sûrement pour m’envoyer le faire-part quand le petit sera né. En août. Tandis que mon ventre à moi sera toujours illogiquement vide. Et bien-sur, je n’arriverai pas à me réjouir de la naissance annoncée sur le faire-part. Je la jalouserai. Alors que je ne veux même pas d’enfant maintenant.
Et voilà. Voilà comment une journée mémorable peut se transformer en un lendemain détestable. Douloureux.

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2017-06-25T22:04:00+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Luxe Luxe Je me sens tendue. Aujourd'hui j'ai rendez-vous à 13h30 dans un grand palace versaillais pour faire la démonstration d'un massage japonais à la spa manager dudit palace. Hier soir, j'ai fais ma première démonstration de ce massage. (Je travaille comme free-lance en tant que démonstratrice-formatrice pour une énorme société japonaise de cosmétiques et de soins. Le massage exclusif de la marque, auquel j'ai été formé, se réalise à l'aide d'un bâton de cyprès du Japon. Il est intéressant et reposant finalement, puisque le fameux bâton décuple la force de la masseuse, qui du Je me sens tendue. Aujourd’hui j’ai rendez-vous à 13h30 dans un grand palace versaillais pour faire la démonstration d’un massage japonais à la spa manager dudit palace.
Hier soir, j’ai fais ma première démonstration de ce massage. (Je travaille comme free-lance en tant que démonstratrice-formatrice pour une énorme société japonaise de cosmétiques et de soins. Le massage exclusif de la marque, auquel j’ai été formé, se réalise à l’aide d’un bâton de cyprès du Japon. Il est intéressant et reposant finalement, puisque le fameux bâton décuple la force de la masseuse, qui du coup se fatigue beaucoup moins… Nous ne sommes que 4 démonstratrices- formatrices dans toute l’Europe, et même que 4 en dehors de l’Asie, à connaître et maîtriser ce protocole.) Et donc, hier soir, après quelques semaines de travail "assidu" pour maîtriser ce massage si particulier, j’ai réalisé ma première démo, directement au siège de la société. La cliente, je ne l’ai pas apprécié. Une femme froide, assez fermée, qui dégageait très peu des qualités humaines auxquelles je suis attachée; bienveillance, convivialité, humour, chaleur… Mais j’ai bien effectué le soin et j’y ai pris du plaisir. N’est ce pas pour ça que je me suis lancé en tant qu’auto-entrepreneuse ? Pour prendre du plaisir ? Me faire plaisir ? Il n’empêche que j’ai quand-même une "boss". Vu qu’être prestataire de services free-lance pour des sociétés signifie dépendre des sociétés elles-même, je reste soumise à une hierarchie. ça m’embête un peu. Même si c’est beaucoup plus cool que d’être salariée. Car je ne bosse avec lesdites sociétés que quand je le peux et le veux, j’organise mon emploi du temps selon mes envies et mes différents clients, je fais peu d’heures et je suis bien payé. (Par exemple, avec cette société là en particulier, je me fais 36 € nets de l’heure, avec d’autres, c’est 40 €). Cependant, hier soir, je me sentais quand même sous pression. Ma boss est japonaise. Elle est seule en France pour gérer la filiale française de ce mastodonte nippon qui essaie de s’y implanter. Parfois, quand je suis en face d’elle sur l’ordinateur, à traduire un quelconque document, j’ai l’impression d’être Amelie Nothomb (Amelie-san) dans Stupeur et Tremblements. Et ça me donne envie de rire. Et des palpitations aussi. Moi, mes cheveux qui frisotent, ma peau moite à cause de la chaleur, mon visage terriblement expressif quand je bute sur une difficulté. Et elle, impeccable, avec ses cheveux lisses qui ne gonflent pas, ses talons et son tailleur archi repassé. Que j’ai l’impression de déranger quand je pose une question. Et cette impossibilité totale de lire en elle, de savoir ce qu’elle pense vraiment de mon travail, de moi. Cette impression que, quand elle me dit "C’était très bien", cela signifie "C’était de la merde ce que tu as fais, tu devrais te jeter sous un train tant qu’il te reste un peu d’honneur".
Bon.
Tout à l’heure j’ai rendez-vous avec elle à Versailles. Je stress. Je transpire. Je sais que je n’arriverai pas à sonder ce qu’elle pense de ma tenue, de mes cheveux, de ce qui sortira de ma bouche quand je m’adresserai à la spa-manager du palace pour lui expliquer le massage. Je resterai dans ce flou nippon, cette incertitude poétique aussi insondable que le plus mystérieux des Haiku. Et.. j’adore ça!
D’ailleurs il faut que je m’active. Je suis sensé partir de chez moi dans 1h20. Je ne suis pas prête.

J’ai une si grosse journée qui m’attend. Une journée luxueuse. D’abord Versailles. Puis les Champs-Elysées, pour aller vendre mes mérites à un recruteur Chinois tout aussi insaisissable que ma supérieure japonaise, le charme glaciale en moins. Puis enfin Opéra, pour une réunion sympathique avec d’autres praticiens indépendants avec lesquels je vais travailler pour un projet commun; un spa qui va ouvrir prochainement dans lequel on ne sera que des free-lance à intervenir.

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2017-06-23T10:11:04+02:00
http://anabalina.journalintime.com/30-ans-revolus-Bilan 30 ans révolus: Bilan Voilà, j'ai fêté mes 31 ans il y a de ça 3 jours. L'année de mes 30 ans est terminée. J'ai envie de faire un bilan. Je trouve ça bien les bilans. Un condensé des faits marquants d'une période de la vie. Une liste, finalement. Je trouve ça bien une liste. ça a un côté rassurant. C'est rassurant une liste. C'est comme une carte; ça rend les choses tout de suite plus ordonnées, plus cadrées, plus accessibles. On s'y repère bien. C'est plus facile de se repérer sur la petite carte, dans un quelconque guide d'un quelconque routard, que dans la vaste ville étrangère où l'on Voilà, j’ai fêté mes 31 ans il y a de ça 3 jours.
L’année de mes 30 ans est terminée.
J’ai envie de faire un bilan. Je trouve ça bien les bilans. Un condensé des faits marquants d’une période de la vie. Une liste, finalement. Je trouve ça bien une liste. ça a un côté rassurant. C’est rassurant une liste. C’est comme une carte; ça rend les choses tout de suite plus ordonnées, plus cadrées, plus accessibles. On s’y repère bien. C’est plus facile de se repérer sur la petite carte, dans un quelconque guide d’un quelconque routard, que dans la vaste ville étrangère où l’on pose les pieds pour la première fois. Enfin je trouve. J’adore les cartes. (J’adore le fait de me repérer sur la carte, d’y élaborer mon itinéraire, et puis ensuite d’affronter comme par magie la réalité de cet itinéraire.) C’est vrai que c’est magique ce truc des cartes; d’abord la projection, ensuite la "vraie vie". Dans une liste, c’est le contraire, on passe de la "vraie vie" à sa retranscription écrite, condensée, cadrée, rassurante. En fait, une liste, c’est une carte à l’envers.
Et voici ma carte à l’envers:
Durant l’année de mes 30 ans j’ai:
-Quitté mon travail. Enfin ! Démissionné. Quitté ce monde autoritaire et restrictif de l’entreprise. Quitté cette soumission volontaire à une hiérarchie illégitime et aliénante.
-Voyagé. à Barcelone, ma ville chérie, avec ma douce Fanny. à Florence, mon rêve d’adolescente, seule avec mon appareil photo reflex, un régal. Au Costa Rica, comme éco-volontaire, au contact de la nature et des animaux sauvages.
-Présenté Papillon à mon papa. Une réussite. Je suis heureuse que papa apprécie autant Papillon.
-Découvert l’Ayurvéda, la médecine traditionnelle Indiennne, qui me faisait de l’oeil depuis longtemps. J’ai appris le massage Abhyanga, issue de cette médecine.
-Adoptée une lapine de mauvais caractère que j’ai baptisé Snoopie.
-Me suis fait une nouvelle amie, S., grâce à un site internet d’entraide. Un site de garde de chats.
-Ai dit "Non" à de belles entreprises qui me tendaient les bras. Pour rester fidèle à moi-même et suivre mes vrais désirs.
-Ai mûri un projet et me suis donné les moyens d’y arriver. J’y ai cru.
-Ai enfin créé mon entreprise de Praticienne en massage Bien-Être, sous le statut d’auto-entrepreneuse ! Et je m’éclate, je me sens créative, malgré le peu de travail pour l’instant, les moments d’angoisse, les choix et compromis que je dois faire.
-Ai signé déjà deux contrats avec deux belles sociétés pour lesquelles je suis prestataire de service free-lance.
-Ai rencontré du monde.
Et puisqu’il faut des choses tristes aussi:
-Ai assisté aux funérailles du papa de Papillon, après une longue maladie.
-Peut-être perdu mon frère...
Et puisqu’il faut des drames aussi:
-Ai avorté, le 20 mars exactement. Une grossesse non désirée. Une crise terrible avec Papillon. La période la plus difficile de ma vie jusqu’à aujourd’hui. La plus solitaire aussi. Un avortement douloureux, avec lequel je vis depuis, et vais devoir vivre toute ma vie.

J’en parlerai quand je serai prête. Quand, peut-être, ce ne sera plus aussi douloureux et angoissant. Mon avortement. Jamais je n’aurai cru que ça m’arriverait. Pas à moi. Aux autres oui, mais pas moi. J’ai parfois encore du mal à réaliser. à réaliser que j’ai été enceinte, et que je ne le suis plus. Alors qu’aujourd’hui, mon ventre devrait être tout rond. Pour moi cela révèle presque du surnaturel. C’est comme une douleur de plus avec laquelle il faut vivre. Une casserole en plus à trainer. En plus de la mort de ma mère, de la démence de mon frère.
(La culpabilité en plus).

Bien sur, cette liste, cette carte à l’envers, n’est pas exhaustive. je sais qu’il y a eu d’autres choses. Mais puisque là je ne les ai pas en tête, c’est qu’elles n’ont probablement pas d’importance.
Bien sur les faits relatés dans cette liste ne sont pas dans l’ordre. J’ai créé mon entreprise (par exemple), après mon avortement. J’ai commencé à réellement me lancer dans mon projet, à changer, à m’affirmer, après mon avortement. Comme si, finalement, j’en avais eu besoin. Comme si ce n’était pas seulement de mon pauvre foetus innocent dont j’avais avorté, ce jour là (le 20 mars, le 20 mars). Comme si j’avais eu besoin d’avorter d’une période de ma vie pour en commencer une autre. Sacrifiant au passage un être indésirable, que je ne remercierait pourtant jamais assez de m’avoir fait sortir d’un trou.

J’y reviendrai.

Je me demande si le titre de mon journal a encore du sens. Ou si, comme un écho à mon dernier paragraphe, je devrait en commencer un nouveau…

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2017-06-21T17:29:00+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Renoncer-au-travail-VS-reprendre-un-travail Renoncer au travail VS reprendre un travail Maintenant que j'ai fais le choix de renoncer à mon travail, et surtout depuis deux semaines que je suis réellement confrontée à la situation, je suis en proie aux crises existentielles les plus folles; que ce soient les crises d'angoisse liées à l'absence de revenus ou les crises de colère et de dégoût face à un système autoritaire qui culpabilise et sanctionne les personnes qui font le choix de rejeter une situation qui ne leur convient plus, à savoir l'obéissance (voire le soumission) à la machine économique aliénante et toute puissante. Je suis écoeurée de constater à Maintenant que j’ai fais le choix de renoncer à mon travail, et surtout depuis deux semaines que je suis réellement confrontée à la situation, je suis en proie aux crises existentielles les plus folles; que ce soient les crises d’angoisse liées à l’absence de revenus ou les crises de colère et de dégoût face à un système autoritaire qui culpabilise et sanctionne les personnes qui font le choix de rejeter une situation qui ne leur convient plus, à savoir l’obéissance (voire le soumission) à la machine économique aliénante et toute puissante. Je suis écoeurée de constater à quel point la société se veut punitive face aux personnes qui choisissent une autre voie que celle de servir aveuglément un état qui les vole et les soumet et les rend dépendants. Je viens de voir au cinéma le film Moi, Daniel Blake, de Ken Loach, qui a fortement confirmé mon impression à défaut de l’avoir influencé, ou contredit...
Apparemment, en tant que démissionnaire, je n’ai pas droit au RSA. Mais c’est terrible ça ! En gros il est fortement conseillé de subir une situation toxique ayant des effets néfastes sur la santé plutôt que de choisir de se défaire d’une telle situation afin de prendre le temps de se reconnecter à soi même pour ne plus jamais revivre ce genre de tourments. Visiblement, c’est le choix d’aller mal à tout prix qui est acceptable ici, du moment que l’on est un bon petit citoyen qui paie ses impôts à l’Etat. En revanche, dés que la situation s’inverse, l’Etat ne veut pas le savoir. L’Etat, lui, ne veut pas payer en retour. Ce n’est pas son problème si la démission a été la conséquence d’un harcèlement moral couplé à une absence totale de perspective. Ce n’est pas son problème à l’Etat si la démission est justement un choix de reconstruction et de réflexion. Un choix dont la finalité est de savoir quelle place on veux vraiment dans cette société et ce qu’on peut lui apporter dans le futur, mais sans plus jamais souffrir comme on a souffert ! (Et merde, même là dans mon journal, face à moi même, je me justifie de ma décision. C’est dire si le pouvoir culpabilisant de la machine sociale a du poids...)
Quand je suis allé sur les forums d’internet pour me renseigner sur le droit au RSA pour les personnes ayant démissionnés, les commentaires des gens m’ont vraiment choqué. "Ben c’est normal que t’ai pas droit au RSA ! On va pas te payer à rien foutre!" "Je te conseille fortement de garder ton CDI. C’est la merde sinon." (Ben non justement connasse, c’est ce CDI qui rend ma vie infernale.) "Vous avez fait le choix de renoncer à un salaire. C’est votre problème." (Non, espèce de bouseux dégénéré et mentalement limité, ce n’est pas à un salaire que j’ai renoncé. C’est à du harcèlement moral. De l’abus de pouvoir. De l’hypocrisie. Du préjudice moral. C’est à des crises d’angoisse. Des cauchemars. Des boules au ventre continuelles sur le chemin du boulot. C’est à ça que j’ai renoncé. Pour recommencer à vivre un peu mieux. Pour ne pas crever comme toi d’un cancer quand j’arriverai à l’âge de la retraite parce-que j’aurai vécu dans l’insatisfaction, le stress omniprésent, la fatigue mentale, l’épuisement moral et le déchirement conjugal!)

Alors j’en suis là.
Les gens hargneux, et envieux en fait, me dépriment.
J’en suis donc arrivé à reconsidérer le fait de retravailler rapidement. Ce qui serait stupide car je ne sais pas encore ce que je veux vraiment. Je n’ai pas encore un projet clair à mettre en oeuvre. Et non ! Je n’ai pas pris le temps pour penser à ça finalement. Coincée entre les moments d’euphorie créatrice de ma nouvelle liberté et les considérations mornes et déprimantes sur le besoin d’argent (vraiment ? Ce n’est pas comme si j’étais seule...) et les microscopiques possibilités d’aident sociales qui s’offrent à moi.
Il faut être qui pour avoir un peu d’aide ? Un peu de considération ? Je n’ose pas répondre.

Bon.
Les arguments en faveur de la reprise du travail sont assez restreints:
- Si je retravaille, j’aurai un salaire. Voilà. On a fait le tour. (Donc je n’aurai plus l’angoisse du manque d’argent.)

Voyons maintenant les arguments en faveur de la non-reprise du travail:
- J’ai le temps de réflechir à ce que je veux vraiment pour la suite.
- Je file jeudi prochain au Salon Une Nouvelle Vie Professionnelle pour m’informer sur les possibilités de formation, de financement de formation et sur comment devenir indépendante!
- Je profite de Pôle Emploi, non pas pour les allocs' mais pour les possibilités de financement de formations
- Je prends le temps de me former justement. Soit en Médecine Traditionnelle Chinoise, soit en Ayurveda. Avant ça, j’ai le temps de me renseigner sur les tenants et les aboutissants de l’une et de l’autre ! Youpi ! Vive les bibliothèques...
- Je prends le temps de définir un projet de vie/professionnel qui me correspond et me comble à 100%. Pour l’instant c’est encore assez flou. Je sais que je veux arrêter définitivement le commercial et me consacrer au Bien-Etre et au thérapeutique. Et surtout à mon rêve : la socio-esthétique.
- Je compte sur Pôle Emploi pour, peut être, financer ma formation de socio-esthéticienne au CODES de Tours ! Je me bats pour ça en ayant un dossier et un projet en bêton ! (Malheureusement, je n’ai pas été retenu cette année pour la formation Esthétique en milieu médical à l’université Pierre et Marie Curie à laquelle j’ai postulé en mai et qui débutait en septembre. Je suis resté sur liste d’attente. Ce qui m’a finalement permis de réaliser un autre rêve : aller au Costa Rica...)
- Je prends le temps d’aller me renseigner dans les hôpitaux alentours sur la possibilité d’offrir mes services en tant que socio-esthéticienne, même bénévolement.
-J’ai du temps pour approfondir des techniques de massages et de bien-être et je peux m’entraîner sur mes amies et Papillon.
- J’écris un livre sur les conditions désastreuses de travail et le manque d’humanité dans l’entreprise privée.
- J’apprends à vivre avec très peu d’argent et donc à revenir à l’essentiel.
-J’ai peut être quand même droit au RSA. Tout n’est pas perdu… (vives les forums!!!)
- J’ai plus de temps pour moi pour m’adonner aux choses que je veux approfondir : l’écriture, la méditation...
- J’ai enfin mes dimanches de libre bordel ! Et les jours fériés sont vraiment fériés!
- J’ai plus de temps avec Papillon ! Et ça ça n’a pas de prix.

Bon, je crois que mon choix est fait…

Je reviendrais sur le sujet très vite pour justement écrire, penser, construire ici mon projet professionnel pour l’avenir.
Je ne veux plus jamais me tromper! Je ne veux plus jamais travailler pour une société. Je ne veux plus jamais vendre. Je veux savoir ce que c’est de travailler en associatif. Mais surtout je veux arriver à travailler en indépendante.

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2016-11-19T20:07:00+01:00
http://anabalina.journalintime.com/Ne-pas-oublier-1 Ne pas oublier 1 Bientôt, cela fera deux semaine que je suis revenue en France. Je n'ai pas encore digéré mon voyage. Je ne veux pas oublier. Quelque-chose a changé, ou du moins s'est confirmé; je ne suis pas faite pour la vie en ville. C'est une souffrance permanente. Les transports en commun, ou l'immersion dans l'échantillonnage de ce que la population urbaine a de plus vil, de plus sale, de plus odieux. Tous les jours, j'ai affaire à la lie de l'espèce humaine dans le métro ou le RER. Et rien que ça c'est violent et me donne envie de retourner illico dans la jungle où j'étais si apaisée. Mais Bientôt, cela fera deux semaine que je suis revenue en France. Je n’ai pas encore digéré mon voyage. Je ne veux pas oublier. Quelque-chose a changé, ou du moins s’est confirmé; je ne suis pas faite pour la vie en ville. C’est une souffrance permanente. Les transports en commun, ou l’immersion dans l’échantillonnage de ce que la population urbaine a de plus vil, de plus sale, de plus odieux. Tous les jours, j’ai affaire à la lie de l’espèce humaine dans le métro ou le RER. Et rien que ça c’est violent et me donne envie de retourner illico dans la jungle où j’étais si apaisée. Mais pas seulement ça. Les gens inquiétants dans la rue, qui donnent l’impression de vous suivre. Les mecs irrespectueux à vomir. La dépression industrielle du paysage de banlieue nord. La solitude dans la multitude. Le manque d’égard. Les conducteurs puants le stress et l’impolitesse au volant de leurs saloperies de grosses caisses poluantes, qui forcent le passage car surement au lit ils bandent mou. La stupidité déplorable que je lis sur les visages croisées en bas des immeubles, chez ceux qui tiennent les murs. Leur étroitesse d’esprit, reflet de leurs aspirations limitées et aliénantes dans la vie. La surconsommation comme but ultime et image du bonheur et de la consécration. Et de l’autre côté, la bourgeoisie dédaigneuse aux relents consanguins. Et le clan bobo, hypocrite et bienpensant, dont la réussite sociale se mesure au nombre de pièces Sandro et Zadig & Voltaire savamment désordonnées dans l’appartement du Quai de Valmy payé par papa et maman. Saloperie. Je crois que c’est eux que je déteste le plus. C’est beau Paris. Oui je suis mal lunée et très très négative.
Je suis pleine de souvenirs d’un autre monde. D’une autre vie. D’une autre humanité. Tellement plus riche et tellement plus essentielle.
Je ne veux pas oublier. Ma peur c’est d’oublier, happée par les effluves putrides du Paris tel qui m’apparaît.
Au Costa Rica, il y a une espèce de fourmis, dont je ne connais pas le nom exact en français mais que je traduirais comme les fourmis coupeuses de feuilles. Toute la journée, elles parcourent une longue trajectoire en allées et venues entre leur nid et la jungle, où elles s’appliquent à couper de petits morceaux de plantes dont les propriétés nutritives leurs sont bien connues. Elles transportent ces petits morceaux sur leur dos pour ensuite les stocker selon des règles chimiques très précises dans les différentes chambres de leur terriers. Ainsi, selon la galerie dans laquelle le morceau de plante aura été déposé, il va fermenter et produire un certain type de champignon. Le résultat escompté dépend de la température, du niveau d’humidité et de la profondeur de la chambre. Les fourmis savent tout cela. Rien n’est fait au hasard et chaque chambre du terrier, reliée aux autres par une galerie complexe, a un rôle très précis à jouer dans ce à quoi les fourmis veulent destiner le morceau de plante en question, coupé et transporté de la jungle au nid. Certains morceaux alimentent une chambre qui fournira des champignons uniquement destinés à le Reine des fourmis. D’autres vont rejoindre une chambre où l’on produit de la nourriture uniquement pour les ouvrières… C’est délicieusement complexe et impressionnant. Et tous les jours là bas, à différents niveaux de différents sentiers, on voit passer une ligne mouvante et à dominante verte. Ce sont les fourmis qui traversent le chemin , à la queue leu leu, avec leur petite feuille sur le dos. La ligne des fourmis qui vont et celle de celles qui reviennent, dans un flot ininterrompu de fourmis affairées. Si bien que cela devient une habitude pour les yeux. Cette ligne verte et mouvante fait partie du paysage. Alors quand je me suis retrouvée à San José, la grande ville, en attendant de partir pour l’aéroport, un instant mes yeux ont cherché cette ligne de fourmis sur le trottoir. Comme ça, instinctivement, par habitude visuelle. Mais bien sur, j’ai vite réalisé que je n’en verrais plus. Pas ici. Pas dans la ville. Et cela m’a fait mal.
Puis dans un cri d’oiseau j’ai machinalement levé la tête cherché le perroquet flamboyant. Mais je n’ai vu qu’un moineau.
Ce matin, avant de m’enfoncer dans le métro, une fraction de seconde, mes yeux ont cru apercevoir la silhouette noire d’un singe araignée, dissimulé dans les branches d’un arbre. Mais non. Ce n’était qu’un sac plastique.
Un sac plastique bien sur…
(Il y avait une poubelle sinon, sous l’arbre.)

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2016-11-14T17:51:05+01:00
http://anabalina.journalintime.com/La-peur-au-ventre La peur au ventre J'ai 30 ans et j'ai peur. Je n'ai pas peur de dire que j'ai très peur. Pourtant, je suis exactement là où je voulais être il y a bientôt 2 ans de cela; chez moi, après avoir démissioné de mon travail et de retour d'un fabuleux voyage au Costa Rica, le pays de mes rêves. Pourtant, j'ai tout ce dont je rêvais quand je ne l'avais pas encore; la liberté de partir en voyage sans contraintes, du temps pour moi, du temps pour refléchir à ce que je veux vraiment dans ma vie, un amoureux magnifique, un appartement sympa où nous vivons tous les deux... Certes, financièrement ce n'est J’ai 30 ans et j’ai peur. Je n’ai pas peur de dire que j’ai très peur.
Pourtant, je suis exactement là où je voulais être il y a bientôt 2 ans de cela; chez moi, après avoir démissioné de mon travail et de retour d’un fabuleux voyage au Costa Rica, le pays de mes rêves. Pourtant, j’ai tout ce dont je rêvais quand je ne l’avais pas encore; la liberté de partir en voyage sans contraintes, du temps pour moi, du temps pour refléchir à ce que je veux vraiment dans ma vie, un amoureux magnifique, un appartement sympa où nous vivons tous les deux… Certes, financièrement ce n’est pas la fête, surtout après ce long voyage. Je n’ai plus d’emploi et ce n’est certainement pas ce que l’on attend d’une femme de 30 ans.
(30 ans. J’ai l’âge tant redouté ou le titre de mon journal intime prend tout son sens, voire devient obsolète.)
Non ce n’est pas ce que secrètement j’attendais de moi; me retrouver à 30 ans sans travail, sans savoir ce que je veux faire de ma vie et sans argent. Mais : c’est ce dont j’avais envie. C’est ce dont j’ai envie maintenant et c’est ce que j’ai décidé en toute conscience.
Je suis partie de chez C.....lie (mon ancien travail donc) le 4 septembre après 3 années de labeur. Il était temps. C’était devenu irrespirable. A tel point que ma collègue C.A, ne pouvant plus respirer, est partit à toute pompe une semaine avant moi en abandonnant son poste. Elle était "tombé" sur des emails la dénigrant et elle s’est servi de ça pour partir… J’imagine qu’elle a touché pas mal d’argent grâce à cet argument tombé du Ciel. J’avoue que je la jalouse un peu. Je n’aurai pas craché sur quelques emails licencieux pour soutirer quelques dizaines de milliers d’euros en plus. Je n’ai que faire du préjudice moral dont j’aurai pu souffrir. Car, rappelez vous, ma bonne résolution de janvier 2015 était de laisser couler les saloperies du travail sur moi et de ne pas les laisser m’atteindre. J’ai réussi ? Je n’ai pas la réponse à cette question et je m’en fous; c’est du passé.
Le passé m’apparait si loin. Le présent, depuis mon retour du Costa Rica m’apparait lui insatisfaisant et le futur, ah le futur… Oui revenons au but même de cet écrit : La Peur.
J’avais déjà peur depuis un moment. De ce que devient la vie ici, dans la société urbaine occidentale. Cette insécurité latente, cette menace terroriste permanente et peu importe ses instigateurs, cette précarité perpetuelle et restrictive, si frustrante, ce blocage social et personnel, propre aux jeunes génération j’ai l’impression. Mais peut être seulement propre à moi finalement. Tout ça déjà me faisait peur. Et puis le déclin rapide de l’environnement face à l’explosion démographique insensée. Et les mentalités égoïstes et limitées d’aujourd’hui, qui ne font les choses que si elles y trouvent un intérêt personnel. Et...STOP!
Voilà; Déjà ça, ça faisait beaucoup. Et ce matin, il y eu Trump. L’élection la plus grotesque dont j’ai jamais entendu parler. Alors maintenant j’ai très peur.
Je me revois, il y a peu de temps encore, marchant sur une plage sauvage du Pacifique, dans le Golfe du Costa Rica, avec pour m’accompagner seulement la force des vagues qui s’écrasaient à mes pieds, le chant perplexe des aras rouges qui s’envolaient ensemble dans un sursaut inattendu, l’illusion d’un crocodile dans un tronc qui flottait dans les vagues… mais c’est un crocodile, c’est pas possible, merde, si il sort de l’eau il ira plus vite que moi. Non attends, regarde bien Anne, ne sois pas bête, tu vois bien que c’est un tronc.Quoique… n’est ce pas sa gueule qui s’ouvre et se ferme comme ça ? Menaçante ? Arrête toi regarde un peu, c’est un crocodile. Oh merde ! Qu’est ce que je fais ? Qu’est ce que je fais ? Mais non, approche toi n’ai pas peur. Regarde bien, c’est un tronc. Oui c’est un tronc.
Et ç’en était un. Costa Rica adoré.
Mais aujourd’hui, ce n’est pas un tronc qui flotte dans la mer. C’est un Trump. Il n’y a pas à s’y méprendre. Et cette fois j’ai peur. Cette fois j’ai peur pour de vrai.

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2016-11-09T17:19:41+01:00
http://anabalina.journalintime.com/Il-est-temps Il est temps Je suis sortie du boulot à 21h30. Mes horaires légaux, (ceux qui figurent au contrat de travail), c'est de 11h00 à 19h00. Il faut croire que c'est une pure formalité. Le papier... Le contrat. Bonne année. Année du changement. Oui, il est temps que ça change. Ce stress, ces horaires, cette ambiance hypocrite et anxiogène, je suis à bout. A bout de nerf. Et de patience. Je n'ai plus de vie. Je n'ai plus de légèreté. Que des matins lourds. Laboraux. J'ai frôlé un cancer du col de l'utérus. Mais heureusement, je me suis faite opérer le 23 décembre. à temps. pour la modique Je suis sortie du boulot à 21h30. Mes horaires légaux, (ceux qui figurent au contrat de travail), c’est de 11h00 à 19h00. Il faut croire que c’est une pure formalité. Le papier… Le contrat.
Bonne année. Année du changement. Oui, il est temps que ça change. Ce stress, ces horaires, cette ambiance hypocrite et anxiogène, je suis à bout. A bout de nerf. Et de patience. Je n’ai plus de vie. Je n’ai plus de légèreté. Que des matins lourds. Laboraux.
J’ai frôlé un cancer du col de l’utérus. Mais heureusement, je me suis faite opérer le 23 décembre. à temps. pour la modique somme de 600 € non remboursés par la SECU. La santé ça n’a pas de prix, hein?
2015, Bienvenue ! Il est temps que tout ça change. Le boulot surtout. Je n’en peux plus. J’envie les chômeurs putain. Et ma pote qui s’est fait licencier il y a peu… Nouveau départ pour elle.
Moi, juste un avertissement. La connasse n’a finalement pas pu résister à la tentation de m’en faire coller un. Je finis bien l’année. Et je m’en cogne. Je suis presque heureuse.
C’est vrai que j’ai fini l’année percluse d’amour. Dans les bras de Papillon. Et que je l’ai commencé de la même façon. Repue d’amour. Dans les bras de Papillon. Et dans les vagues de plaisirs perpétrées pas la langue experte de Papillon. (Dans les 3 semaines qui suivent mon opération, je n’ai pas le droit aux "rapports".) J’aimerai que cela s’applique aussi aux rapports laboraux… mais non, il ne s’agit que d’une interdiction de rapports sexuels. Douce et linguistique façon de contourner cette interdiction. Belle entrée dans l’année 2015.

Ma bonne résolution de l’année, c’est de faire en sorte que tout ce que je me prends dans la gueule au boulot me glisse dessus. Ne me fasse plus aucun effet. Ni chaud, ni froid. Ma bonne résolution de l’année c’est de me blinder face à ça. De ne plus rien ressentir face à ça. Cette litanie stressante et insultante. Futile. Tellement loin de l’essentiel, et pourtant omniprésente dans mon quotidien… Oui, de me blinder face à ça. Et c’est déjà bien comme résolution. Car pour moi, l’insensibilité n’est pas une mince affaire. Bien sur, mon autre bonne résolution, c’est de quitter mon boulot. Me lever un matin, et ne plus avoir à retourner là bas.

Le soir du Réveillon, j’étais simplement en tête à tête avec Papillon. Chez moi. Je nous avais fais faire un plateau de fruits de mers. C’est surprenant que j’aime les huîtres maintenant.
Papillon n’aime pas les huîtres. Il a quand même fait l’effort d’en goûter une. Et ce qui s’est passé est assez incroyable; en mangeant l’huître, il a ressenti une douleur fulgurante à la tête. Ma théorie, que je lui ai exposé sur le champs, c’est que l’huître a fait un transfert de sa douleur sur lui. Papillon garde une extrême sensibilité, une hyper sensibilité, de son léger passé de toxico. (Par exemple, il a des fois des hallucinations dans le noir. Et il voit toujours le vert des arbres incandescent.) Donc, je pense qu’à travers lui, l’huître a réussi à exprimer sa douleur. Chose qu’elle ne peut pas faire avec une personne lambda. Papillon a ressenti la douleur de l’huître. Le cri de douleur de l’huître. Elle a trouvé chez Papillon, être hypersensible, un parfait réceptable à l’expression de sa douleur.
J’ai trouvé ma théorie très intéressante. Papillon était d’accord avec moi.
Pauvre huître. Même si je ne mange plus du viande, j’ai encore du mal à résister aux fruits de mer.

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2015-01-02T22:55:42+01:00
http://anabalina.journalintime.com/J-pleure J'pleure Je pleure tout le temps. Je pleure beaucoup.Je pleure souvent. Tout est prétexte aux larmes. L'hiver a commencé. Les larmes abondantes et chaudes, qui caressent les joues comme la main d'une maman. Les larmes piquantes et froides qui ne portent rien avec elles. Les larmes qui ne passent pas le bord des cils, pour cause d'impossibilité immédiate de couler. Les larmes qui restent derrières les pupilles, et qui font du paysage un Monet en fin de vue. Mes larmes. Pourquoi vous ne vous tarissez jamais? Je pense. Je sais. Je sais que je n'ai pas pleuré quand maman est morte. Pas vraiment. Pas Je pleure tout le temps. Je pleure beaucoup.Je pleure souvent. Tout est prétexte aux larmes. L’hiver a commencé. Les larmes abondantes et chaudes, qui caressent les joues comme la main d’une maman. Les larmes piquantes et froides qui ne portent rien avec elles. Les larmes qui ne passent pas le bord des cils, pour cause d’impossibilité immédiate de couler. Les larmes qui restent derrières les pupilles, et qui font du paysage un Monet en fin de vue. Mes larmes. Pourquoi vous ne vous tarissez jamais?
Je pense. Je sais. Je sais que je n’ai pas pleuré quand maman est morte. Pas vraiment. Pas avec douleur, pas avec fracas, pas avec franchise. D’ailleurs, la douleur atroce, je l’attends toujours.
Alors je pense que, tout ce que je pleure maintenant, c’est un petit peu à chaque fois de ce que j’aurai du pleurer à ce moment. (Cette nuit, maman est morte.)
Je pense que mon chagrin et ma douleur atroce tant attendue, ils se manifestent parcimonieusement dans mes crises de larmes d’aujourd’hui. Larmes chaudes. Ou larmes qui piquent et qui étranglent. Larmes retenues. Larmes cachées.

Papillon, si je pleure beaucoup, n’ai pas peur. Si je pleure maintenant c’est que je n’ai pas pleuré à tant tout ce que j’aurai pu pleurer quand j’aurai du pleurer.

Je viens de commencer le livre Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, de Mathias Malzieu. C’est un livre qui parle du deuil de la mère dans une poésie en hiver. Les premières pages sont exactement ce que j’ai besoin de lire.

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2014-11-12T22:27:00+01:00
http://anabalina.journalintime.com/therapie thérapie J'ai décidé d'arrêter ma thérapie depuis que ma thérapeute a voulu me refiler des anti-depresseurs. Décision réductrice de sa part, avec laquelle je ne suis pas du tout d'accord... çA m'a gonflé et ça m'a fait très peur. Suite à différents avis de personnes qui comptent ( ma soeur, Papillon et So ma meilleur amie), j'ai donc décidé d'arrêter ça. Je vais écrire plus ici dorénavant. Etant donné le déclic que mon écrit précédent a déclenché en moi, je pense que ce sera la meilleur des thérapies. Ecrire beaucoup et en sortir quelque-chose de salvateur pour moi. J’ai décidé d’arrêter ma thérapie depuis que ma thérapeute a voulu me refiler des anti-depresseurs. Décision réductrice de sa part, avec laquelle je ne suis pas du tout d’accord… çA m’a gonflé et ça m’a fait très peur. Suite à différents avis de personnes qui comptent ( ma soeur, Papillon et So ma meilleur amie), j’ai donc décidé d’arrêter ça.
Je vais écrire plus ici dorénavant. Etant donné le déclic que mon écrit précédent a déclenché en moi, je pense que ce sera la meilleur des thérapies. Ecrire beaucoup et en sortir quelque-chose de salvateur pour moi.

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2014-11-10T22:38:15+01:00
http://anabalina.journalintime.com/Un-bail Un bail çA fait un bail que j'écris pas. çA fait un bail que je me traîne et que j'déprime comme ça. Putain. A me plaindre. A ressasser la disparition progressive de mes élans créatifs. A ressasser ma vie morne et sans saveur. Qui serait tellement plus éclatante si je virais mon taff de l'équation... Parce-que c'est vrai. Mon travail; la seul ombre dans l'miroir. Y'a que lui que je veux virer de ma vie. Et je sais que sans lui, sans cette source d'angoisse vomitive, ma vie serait presque parfaite. Dans le meilleur des mondes possibles. En soi, mon travail n'est pas désagréable, il est çA fait un bail que j’écris pas. çA fait un bail que je me traîne et que j’déprime comme ça. Putain. A me plaindre. A ressasser la disparition progressive de mes élans créatifs. A ressasser ma vie morne et sans saveur. Qui serait tellement plus éclatante si je virais mon taff de l’équation… Parce-que c’est vrai. Mon travail; la seul ombre dans l’miroir. Y’a que lui que je veux virer de ma vie. Et je sais que sans lui, sans cette source d’angoisse vomitive, ma vie serait presque parfaite. Dans le meilleur des mondes possibles.
En soi, mon travail n’est pas désagréable, il est juste répétitif et sans grand intérêt. Il ne nécessite pas de grandes aptitudes intellectuelles (je le déplore). Il requiert juste une patience à toute épreuve (toute) et une bonne résistance physique. Une constance, physique et psychique. Sinon, ce n’est pas si affreux. Et même si je ne suis pas d’accord avec le monde de l’entrepris et les lois du capitalisme entrepreneurial, je pourrai tenir encore quelques temps. (A côté tout va bien.) Je pourrai m’en contenter pour le moment. Essayer de rendre mes journées agréables. Mettre de l’argent de côté. Et penser à mes projets. Ceux que j’ai avec Papillon. Et les miens. Et je sais que comme ça, tout irait bien. Oui mais voilà. Il y a ELLE. Elle. Cette sorcière. La conasse innommable qui me sert de responsable.
Elle me déteste. Je lui rend en retour. Je la dérange. Elle me le fait sentir. Je n’arrive pas à passer outre. A m’en foutre. Et donc mes journées sont un enfer. Cette pute a mis le doigt sur mes points faibles. Et dés que l’un d’eux a le malheur de pointer le bout de son nez, cette furie me saute dessus et m’accable. çA devient invivable pour moi. Sa présence me crispe et me stress. Je ne respire plus quand elle est là, car elle aspire, par je ne sais quel procédé malsain et empreint de rancoeur, mes sources d’oxygène, de sérénité. Elle me tue mon sourire et ma bonne humeur. Par sa seule présence.
Alors oui, pourquoi accorder une telle importance à un seul être, qui normalement ne devrait pas interférer dans le reste de ma vie ? Et bien je ne sais pas. Je ne me comprends pas. C’est comme si j’avais besoin d’une source de colère et d’inquiétude dans ma vie. Comme si le fait que le bonheur me tend les bras, m’accompagne dans mes bas-fons, je culpabilisais d’être heureuse et me créait mes (mon) propre monstre. Certes, cette pute est un bourreau, et pour ma défense, je suis obligée de passer la majorité de ma semaine en sa désagréable compagnie. Mais quand même… En souffrir à ce point ?

J’ai passé quelques jours chez mon père la semaine dernière. Du lundi 3 au jeudi 6. Je reprenais le travail le samedi. Et bien ce samedi, j’ai éclaté en sanglots dans les bras de Papillon car je ne voulais pas reprendre le travail. Par retourner "là bas", à l’abattoir. Car c’est comme ça que je le perçois.
Merde. J’ai un problème.
Plus j’écris là dessus (mon travail et elle) et plus ça me fait enrager. Je ressens que je me barre moi-même le chemin du bonheur et de la sérénité. Par un processus que je ne contrôle pas. Une obsession dont je fais une réalité à laquelle je ne peux pas échapper. Alors qu’au fond, si ! Je peux y échapper. Et je sais comment : en n’y accordant aucune importance et en me concentrant sur ce qui va bien. (Moi en général, ma relation avec Papillon, mes amis, mes rêves...) Mais je n’y arrive pas pour l’instant. C’est comme si quelque-chose de plus fort que moi m’empêchait de m’en détacher. çA me rend folle. C’est injuste. Et tous mes moments avec Papillon sont parasités par l’angoisse sourde et teintée de fatalité que mon travail fait peser sur moi.
Comment ai-je pu laisser cette pute devenir mon bourreau ? Prendre autant d’ampleur dans ma vie ? Je veux que ça cesse. Je veux faire cesser ça. Et je suis terrorisée à l’idée de ne pas y arriver. Parce-qu’en écrivant à propos de ça ce soir je réalise que si ce n’était pas elle, ce serait autre chose...
Si je voyais le côté positif des choses, je pourrai me dire que ce qui est bien, c’est que j’ai mis le doigt sur mon problème : ce n’est pas mon travail le soucis, c’est ma faculté à en faire un problème quand je pourrai l’éviter. Mais je ne vois pas le côté positif des choses…

Samedi matin, quand je reprenais le travail, j’ai dis à Papillon, en pleurant : "Tu vois, c’est comme si on voulait forcer un handicapé à marcher ! Je n’y arrive pas!" Il a répondu, très calme : "Mais l’handicapé lui il a envie de marcher."
Et avec cette simple phrase, il a mis le doigt sur mon soucis.
Est-ce que moi, j’ai envie d’être heureuse ?

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2014-11-10T22:26:00+01:00
http://anabalina.journalintime.com/Salon-du-mariage Salon du mariage L'affiche publicitaire dans les escaliers de gare du Nord, celle qui vante les mérites du site de rencontre adultère pour femmes (Golden), elle a été remplacé par une affiche pour le salon du mariage. ... Aujourd'hui j'avais les larmes aux yeux en sortant du travail. Agressée par l'inconstance règlementaire de ce monde du travail qui me révulse. J'en ai marre de ressentir ça aussi fort. J'en ai marre du monde du travail, où les chemises se retournent jusqu'à plusieurs fois dans la même journée. J'ai passé une soirée exécrable car Papillon a oublié de me donner des L’affiche publicitaire dans les escaliers de gare du Nord, celle qui vante les mérites du site de rencontre adultère pour femmes (Golden), elle a été remplacé par une affiche pour le salon du mariage.
...

Aujourd’hui j’avais les larmes aux yeux en sortant du travail. Agressée par l’inconstance règlementaire de ce monde du travail qui me révulse. J’en ai marre de ressentir ça aussi fort. J’en ai marre du monde du travail, où les chemises se retournent jusqu’à plusieurs fois dans la même journée.

J’ai passé une soirée exécrable car Papillon a oublié de me donner des nouvelles ce soir. Son portable a sonné dans le vide des heures durant jusqu’à 22h00 passées. J’ai raison de lui faire la gueule. Pour lui c’est normal cette relation où l’on se voit à peine. Ou pas à des heures décentes. Cette relation dans laquelle on ne peut rien envisager pour l’instant.
J’étais hystérique ce soir. J’avais des spasmes d’angoisse à l’idée qu’il ai pu arriver quelque-chose à Papillon. Je pense que j’étais autant à fleur de peau à cause de mes règles.

J’aimerai avoir le talent de Joyce Carol Oates. Cette femme me fascine. Elle me transcende. Ecrire comme ça. Etre capable d’écrire comme ça. Avec cette apparente (imaginée) facilité là, évidence là.

J’aime tellement Papillon.

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2014-10-01T23:37:00+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Macarons Macarons J'essaie de deviner le parfum des macarons que Papillon m'a offert. J'ai reconnu pour sure Fruit de la Passion. J'ai peut être reconnu Poire. Et peut être Amande. je trouve que le livre La triste fin du petit enfant huître, de Tim Burton, est mal traduit. C'est dommage. (Je lis la version bilingue, le livre est à ma soeur.) Un macaron à la poire j'en avais jamais mangé. C'est dingue comme la vue est primordial quand il est question du goût. Impossible de reconnaître une saveur sans avoir vu l'aliment auquel elle appartient. Les sens sont complémentaires. La triste fin du petit enfant J’essaie de deviner le parfum des macarons que Papillon m’a offert. J’ai reconnu pour sure Fruit de la Passion. J’ai peut être reconnu Poire. Et peut être Amande.
je trouve que le livre La triste fin du petit enfant huître, de Tim Burton, est mal traduit. C’est dommage. (Je lis la version bilingue, le livre est à ma soeur.)
Un macaron à la poire j’en avais jamais mangé. C’est dingue comme la vue est primordial quand il est question du goût. Impossible de reconnaître une saveur sans avoir vu l’aliment auquel elle appartient.
Les sens sont complémentaires.
La triste fin du petit enfant huître, ça me fait penser à 38 Minis Westerns (avec des fantômes) de Matthias Malzieu.
C’est le premier jour de l’automne. Je trouve ça bien de manger des macarons et de lire Tim Burton le premier soir de l’automne.

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2014-09-21T22:42:00+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Fiere Fière Sweet C. vient de partir. Elle a dîné à la maison. On a beaucoup parlé. Du boulot surtout. Et ce soir j'ai eu une petite victoire. Je suis fière de moi ce soir. J'ai osé aller parler à Sorcière. Je me suis dépêtré de la situation plus qu'inconfortable dans laquelle je m'étais mise. Je me sens soulagée à un point inimaginable. Jouissif. Je me sens libérée d'un poids. Et bien plus légère. So' a raison, je n'aurai pas pu tenir des mois comme ça. Je n'aurai pas pu tenir bien longtemps. Ce magma incommode dans lequel je m'étais enlisé au boulot, doublé de ma peur maladive Sweet C. vient de partir. Elle a dîné à la maison. On a beaucoup parlé. Du boulot surtout. Et ce soir j’ai eu une petite victoire.
Je suis fière de moi ce soir. J’ai osé aller parler à Sorcière. Je me suis dépêtré de la situation plus qu’inconfortable dans laquelle je m’étais mise. Je me sens soulagée à un point inimaginable. Jouissif. Je me sens libérée d’un poids. Et bien plus légère.
So' a raison, je n’aurai pas pu tenir des mois comme ça. Je n’aurai pas pu tenir bien longtemps. Ce magma incommode dans lequel je m’étais enlisé au boulot, doublé de ma peur maladive de parler, de m’exprimer, de me faire entendre, c’était plus possible. Je n’en dormais plus. J’aurai plus pu dormir la nuit. çA aurait été de pire en pire. J’ai crevé l’abcès. J’ai pris mon courage à deux mains et je suis allé parler. Et je sens que j’ai avancé. Que j’ai franchi une étape dans mon affirmation de moi. Et que c’est bon pour moi. Je me sens légère. Et bien plus légitime. Plus incarnée. Plus concrète.
Bon, là je suis trop fatigué pour écrire sur ce se quoi il s’agit.
Bientôt...
(Quand je suis rentré du boulot, Papillon était passé à la maison. Il avait fait la vaisselle. Pour me "soulager". Et j’avais également des goyaves et une mangue tout droits arrivées des Antilles qui m’attendaient. Et un petit pot de confiture de goyave qui m’attendait là lui aussi. Devant ma porte… J’ai cet homme formidable dans ma vie. J’ai mes projets. Je suis encore assez jeune. Ma vie est belle. à Quoi bon me prendre la tête pour ce qui est secondaire ? J’aime.)

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2014-09-20T00:19:23+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Valeurs-actuelles Valeurs actuelles Hier soir, je rentre du boulot. (Maintenant je passe par le ligne 5. C'est direct de chez moi à Bastille. 9 minutes de métro exactement. La seule chose qui prends du temps, c'est la marche à pieds. Mais je préfère marcher un peu plus à l'extérieur que m'embêter à avancer péniblement sur les tapis roulants incivilisés des Halles... Dire que pendant un an, j'ai effectué ce trajet sans réaliser qu'il y avait plus court et plus plaisant. Fini le RER. C'est déjà ça.) Alors hier soir, je rentre du boulot. Endroit confiné, à la température pesante, fréquenté par un peuple aussi Hier soir, je rentre du boulot. (Maintenant je passe par le ligne 5. C’est direct de chez moi à Bastille. 9 minutes de métro exactement. La seule chose qui prends du temps, c’est la marche à pieds. Mais je préfère marcher un peu plus à l’extérieur que m’embêter à avancer péniblement sur les tapis roulants incivilisés des Halles… Dire que pendant un an, j’ai effectué ce trajet sans réaliser qu’il y avait plus court et plus plaisant. Fini le RER. C’est déjà ça.)
Alors hier soir, je rentre du boulot. Endroit confiné, à la température pesante, fréquenté par un peuple aussi anxiogène que d’habitude. Je sors du boulot. Et je rentre chez moi. Dans les escalators qui remontent du quai de la ligne 5 à la sortie de Gare du Nord, je tombe sur cette affiche publicitaire qui m’agace de plus en plus. Cette affiche pour Golden je crois, un site de rencontre adultère créé par des femmes pour des femmes. Infidèles donc. Si l’infidélité, assumée, reconnue et vite dévoilée me paraît naturelle, la publicité qui l’encourage me choque profondément. Ces affiches énormes, placardées à la vue de tous, y compris d’enfants sachant lire et accompagnant leurs mamans, banalisent sans pudeur le mensonge, la dissimulation et la déloyauté. Le mensonge, la dissimulation et la déloyauté, comme si il s’agissaient des nouvelles valeurs de notre société.

Valeurs actuelles; ce matin je raccompagnais Papillon à la gare (on devait passer l’après midi ensemble au soleil, mais son père étant au plus mal ces jours-ci, il a juste fait l’aller-retour pour m’apporter des croissants et me faire l’amour), et en revenant, je suis tombée nez à nez avec un camion rempli de carcasses de chèvres fraîchement tuées. Il les déchargeait dans une boucherie indienne, et halal je crois.
Horrifiée par la vision de ces cadavres dépecés, qui pourraient être humains et à mes yeux l’horreur serait la même (car la violence de la mise à mort et la souffrance seraient les mêmes), je me suis arrêtée. Un instant, pour faire face aux corps vides et décapités. Un jeune homme, plutôt bel homme, a retiré ses écouteurs de ses oreilles et, tandis que je reprenais ma marche sur le boulevard Strasbourg saint Denis, m’a interpelé; "C’est horrible hein ?", il m’a dit. "Surtout pour une végétarienne!", j’ai répondu. "Moi aussi", il a ajouté. On s’est dit qu’un jour il faudrait que les gens arrêtent de trouver ça normal. Mais qu’il y avait encore beaucoup de travail. Il a parlé de l’association L214, et qu’heureusement qu’elle était là. Et que petit à petit, on y arrivait. J’ai rétorqué par la Ferme des Milles Vaches, et que donc non, on y arrivait pas tant que ça… J’ai failli me faire écraser par un bus. Puis il m’a souhaité bonne journée.
Un mec bien. Un végétarien. Qui partage surement mes valeurs.
C’est drôle, j’ai pensé, il y a encore 6 mois, j’aurai cherché à avoir son numéro. Une rencontre aussi inattendue, je ne l’aurai pas laissé passer. C’est trop rare. Mais aujourd’hui, je m’en fiche. J’ai oublié son visage et sa voix juste après avoir dis à mon tour "bonne journée!" Et j’ai souri en pensant à Papillon, qui n’est ni végétarien, et encore moins végétalien.
(Petite parenthèse : je viens d’adhérer à l’association L214. Je ferai un don de 15€ par mois. Je pourrai assister aux assemblées générales...)

Valeurs actuelles; on descend les escaliers de mon immeuble en courant avec Papillon. Il va finir par louper son train ! Je ne sais plus pourquoi, je lui dis que cette robe bleue que je porte et qu’il aime bien, je la porte depuis que j’ai 19 ans. Je l’avais acheté lors de ma période "amérindienne". Je m’en souviens, je la portais avec des bottes indiennes, des plumes aux oreilles, des tresses et un collier ras de cou en perles et lanières de cuir… Papillon me dit qu’il aime bien l’idée de ma période "amérindienne", moins celle Marilyn Manson (avant).
Je me souviens, il y a eu la période gothico-manson entre 14 et 15 ans. Puis ma période Flamenco entre 16 et 19 ans. Et puis ma période amérindienne. Et après ? Après je me suis trouvée. Trouvée. Quel drôle d’expression. Si tant est qu’on puisse se trouver un jour…

J’écoute Hurray for the Riff Raff, un groupe New-orléanais découvert il y a peu. Décidément je suis toquée de tout ce qui vient de la Nouvelles Orléans.

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2014-09-18T15:51:00+02:00
http://anabalina.journalintime.com/L-absurdite-du-stress-au-travail L'absurdité du stress au travail C'est le début du mois d'août. Je suis chez mon père. Allongée au soleil sur un transat dans le jardin. C'est la fin de le journée. Et le soleil décline à peine. Ma résolution, mon évidence et donc, mon soulagement: Je vais démissionner! La voilà, la solution enfin acquise et formulée. La solution à tous mes soucis. à: Ma brume perpétuelle le matin quand je dois partir. Y aller. à: Mes préoccupations gluantes, que je traîne même dans les bras de Papillon. à: Mes réveils maussades et mes angoisses nocturnes. La solution c'est ça. La réponse c'est ça. Je dois C’est le début du mois d’août. Je suis chez mon père. Allongée au soleil sur un transat dans le jardin. C’est la fin de le journée. Et le soleil décline à peine. Ma résolution, mon évidence et donc, mon soulagement : Je vais démissionner ! La voilà, la solution enfin acquise et formulée. La solution à tous mes soucis. à : Ma brume perpétuelle le matin quand je dois partir. Y aller. à : Mes préoccupations gluantes, que je traîne même dans les bras de Papillon. à : Mes réveils maussades et mes angoisses nocturnes. La solution c’est ça. La réponse c’est ça. Je dois démissionner. Me barrer de là.
Sur l’instant, je suis tellement enthousiaste que je téléphone à ma soeur. Pour lui faire par de ma décision. Je suis sure de moi. Aussi résolue qu’inébranlable. Et bien sur, le soulagement, tout comme l’évidence, me submergent. Me bercent dans leurs bras bienveillants. Déjà, je ne suis plus au travail. Déjà, je sens et je sais que je n’appartiens plus à cette entreprise. Ecoeurante et poisseuse à force de raisin.
Je fais part de cette décision à l’amie de mon père. Elle est plus que d’accord avec moi. Mon argument ? Ma justification ? Ce qui me rend indéniable ? La vie est courte. Mon adage salvateur. Celui qui justifie mon acte prochain. Et me rend intouchable.
(Je m’abstiens de le dire à mon père. Néanmoins.)
Je ne connais pas la peur, ni la culpabilité, ni le sentiment de faute ou encore la redevance envers qui que ce soit. Et bien sur, quand Sorcière reviendra de vacances, je lui ferai part de ma démission le plus naturellement du monde. Sans sourciller. Ni rougir. Je m’en vais. Je le sais. Et soudain la vie me paraît plus savoureuse. Et l’avenir plus radieux. Plus léger. Plus rempli de promesses.
Et sans raisin ! Plus jamais de raisins!
J’envoie un texto joyeux à Papillon pour lui annoncer à lui aussi cette heureuse nouvelle. Qui tombe comme le rideaux sur la fin de la dernière scène d’une pièce tragique. Qu’on veut oublier au plus vite. Papillon est heureux. Il se doutait bien. Il savait que mes vacances chez mon père me seraient bénéfiques. Et me rendraient apte à prendre les bonnes décisions. Du temps pour toi, il m’avait dit, pour réfléchir à ce que tu veux vraiment.
Ce soir là, je m’endors légère et sereine. Pleine d’une force nouvelle.

Et. Les vacances se terminent.
Et. le travail reprend.
Le premier matin, après des retrouvailles magiques et sensuelles la veille, je m’effondre en larmes à côté de Papillon. Qui dort toujours. L’angoisse du travail me reprend. Et c’est comme si toute ma sérénité et ma force, acquise à grand coups de certitudes inébranlables, s’évaporaient. Je ne veux pas retourner au travail. Je le vois comme une punition. Comme l’abattoir. Je ne veux pas y aller. Plus y retourner. Je ne supporte plus.
Papillon me glisse, endormi, que je pars bientôt de là, de toute façon. Que ce n’est rien. Il n’arrive pas à comprendre ma détresse. Et moi non plus.
J’arrive au travail ce matin là. Le matin de la reprise. Ma collègue me demande si mes vacances, c’était bien. à Nouveau les larmes me submergent. Je pleure. Je me sens en prison. Contrainte d’être ici alors que mon esprit veut s’échapper. Je ne me sens plus à ma place et j’ai une envie violente de m’en aller. En courant. De m’enfuir de cette boutique et de ce SPA urbain étriqués qui me limitent et m’angoissent tellement. Mais j’ai beau me répéter que c’est provisoire, je me sens prisonnière. Comme si une force en moi, que je ne contrôlai pas, m’astreignait à rester là pour le restant de mes jours. M’obligeant à agir contre ma volonté. Je me sens comme ça, contrainte et forcée.
Puis, la semaine continue. Je m’apaise. Je reprends le contrôle. Non, aucune puissance maléfique ne me contraindra à rester là si je ne veux pas. Cette idée, naturelle, qui coule de source, je mets du temps à l’admettre. Mais je l’admets. Bientôt je me trouve ridicule dans mes accès de détresse. De paranoïa. (Papillon s’amuse à me dire que, quand je l’appelle du travail, j’ai l’air d’une otage qui a réussi à trouver un téléphone et qui s’en sert dans l’urgence, avant que ses ravisseurs, surement des membres de l’Etat islamique, ne la surprenne. Il a tellement raison que j’en meurs de rire.)
La semaine continue et je retrouve mon sourire. Ma tendresse. Je sais que je vais faire part de ma démission très bientôt à ma responsable, Sorcière.
Et alors arrive le jour où Sorcière revient de vacances. La veille, je dors peu et mal. Les cauchemars avec elle reviennent, ceux dans lesquels elle m’oblige à effectuer des tâches absurdes et m’humilie à loisir. L’enfer.
Ma collègue est partie pour deux semaines. Deux semaines que je vais passer seule avec Sorcière. Nos rapports sont faux et tendus. Très inconfortables. Si on peut s’éviter, on s’évite. Et alors je réalise que je suis incapable de lui annoncer ma démission. Je me pisse dessus. Je culpabilise. Je me sens en faute. Alors que je sais que c’est mon droit putain ! Et je procrastine: Demain, je lui dis. Merde. De quoi j’ai peur ? C’est la vie. j’ai le droit de m’en aller. Personne n’est irremplaçable...(Oui car dans cette confusion, ce magma de la perdition, j’estime que je vais forcément me faire engueuler si je démissionne car l’entreprise a investi sur moi et je suis la seule sur le marché avec ma collègue à savoir faire les soins C.....ie ! Et donc je vais les mettre grave dans la merde ! Et donc je peux pas dire que je pars sinon la maison s’effondre...) Une confusion de doutes, de craintes, d’idées toutes faites, de transferts bizarres et de distortions cognitives me bloquent et m’empêchent d’annoncer sereinement à Sorcière que je veux m’en aller. Peur de sa réaction. Peur de représailles… Sentiment d’être une enfant en faute qui se conduit mal. Sentiment d’être une ingrate. Lâcheté ? Peur qu’elle m’en fasse baver quand elle apprendra que je veux partir. Certitude que je vais rougir quand je vais le dire et perdre mes moyens. Peur de la punition. Incapacité à m’affirmer. Soumission à mes sentiments et mes sensations de craintes et de faute. Disparition de moi, de ma voix, de ma personne et de mes droits. Impossibilité de faire ce que je pensais faire avec sérénité et affirmation. Et toute cette force, cette certitude, ce soulagement ressentis alors que je me trouvais sur le transat chez mon père. Tout ça a disparu face à la présence cauchemardesque et autoritaire de Sorcière. Je ne me reconnais pas. Plus. Je ne comprends pas pourquoi je n’y arrive pas. Un mélange de tout ça sans doute, trop ancré en moi pour que je me hisse à la surface et sorte les paroles que je veux sortir de moi: je démissionne.
J’en parle à ma soeur. Elle essaie de comprendre pourquoi je n’arrive pas à le dire. Mon autre soeur aussi. Les rares amies à qui je le dis sont mitigées (l’une arrive à me comprendre car elle fonctionne comme moi; culpabilité, sentiment de faute persistant, manque d’assurance..., L’autre ne comprends pas non plus.) Papillon comprends et me conseille de prendre mon temps. Pour lui ce n’est pas grave. Ce qui est grave c’est ma façon de me battre comme ça avec moi même. Pour lui, quand je me sentirai prête, je le dirai…

Mais je suis prête à me barrer. Et je n’arrive toujours pas à le dire. Moi qui étais si sure de moi sur ce transat. Si sereine. Je me trouve des excuses maintenant, comme le manque de sous, les impôts, et comment je vais faire si je ne retrouve pas de travail… Je déteste tellement cet état de précarité et de dépendance dans lequel nous plonge le monde du travail ! (ça, ceux qui me lisent savent bien ce que je pense du monde du travail...)
Je me sens inaliénable. Incapable de me conformer aux exigences et aux normes du monde du travail. D’où ma détresse et mon sentiment punitif à chaque fois que j’y vais. Et de peur d’être percée à jour, je n’ose pas dire que je veux me barrer. C’est comme si je faisait une bêtise. Je vois le travail comme l’école. Au final, pour moi, c’est la même chose. Vouloir quitter l’école c’est mal. Alors le travail aussi, le quitter c’est mal. Educationnel ?

Et le pire c’est le stress. Sorcière est une hystérique qui, au non du sacro-saint chiffre d’affaire, relègue les nécessités humaines au second plan. Au Diable les pauses déjeuner et le respect des horaires de travail!
Et ce manque de considération pour l’humain, ça me stress énormément et me met très en colère. Je veux bien subir du stress au travail et ne pas compter mes heures si je sauve des vies ou si je sauve la planète. Mais subir un tel stress pour augmenter un chiffre d’affaire, c’est inacceptable. Quelle honte ! J’en vomis. Seulement on nous fait croire que c’est normal. Que ne pas manger, faire des heures sup' ni payées ni rattrapées, c’est bien. çA prouve qu’on en veut, qu’on est de bons employés… Et c’est comme ça que des personnes intègres se retrouvent embarquées dans ce système et le banalisent dans leur tête. Jusqu’à ce que leur quotidien devienne un enfer ordinaire. Cet enfer ordinaire, ça porte un nom (exploitation) et je m’y refuse.

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2014-09-12T21:29:00+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Non-ce-n-etait-pas-un-reve Non ce n'était pas un rêve J'ai cette impression, de plus en plus envahissante; cette impression que l'on vit en sursis. De plus en plus, que l'on vit en sursis. Non ce n'était pas un rêve. L'amour enveloppant, bouleversant, dans le demi-sommeil du trajet en avion. Les longues marches dans la ville, la bienveillance entre nous, sous le soleil, enfin. Les fous rire dans la mer, les jeux de raquettes obstinés. Les défis insensés et les éclats de bonheur. Les moqueries déguisés, dans l'observation critique des corps dénudés sur la plage. La recherche désespérée de la meilleure paella, des meilleurs fruits J’ai cette impression, de plus en plus envahissante; cette impression que l’on vit en sursis.
De plus en plus, que l’on vit en sursis.

Non ce n’était pas un rêve.
L’amour enveloppant, bouleversant, dans le demi-sommeil du trajet en avion.
Les longues marches dans la ville, la bienveillance entre nous, sous le soleil, enfin.
Les fous rire dans la mer, les jeux de raquettes obstinés. Les défis insensés et les éclats de bonheur.
Les moqueries déguisés, dans l’observation critique des corps dénudés sur la plage.
La recherche désespérée de la meilleure paella, des meilleurs fruits de mer. Le sentiment d’être des esthètes du goût.
L’oubli total des ennuis de la routine parisienne et de la depression et de l’angoisse. Et de la maladie...
Les moments d’extase dans les bras l’uns de l’autre, dans la Méditerranée. La sensation de l’eau qui glisse le long de ma peau tandis que, portée par ses bras, je me laisse bercer dans l’eau.
Sa beauté violente à chaque instant; dans la lumière qui décline, dans son visage mouillé et salé par la mer, dans le regard des passants. Partout.
Notre beauté frappante et les compliments gratuits, gentils, des gens croisés dans la ville.
Les soirées, les nuits, de plaisir inconnus découverts ensembles à des moments inattendus. La première fois qu’une telle extase m’inonde, si bien que mon corps éjacule de plaisir. Et que la honte me taquine, un peu. La première fois qu’il se laisse aller à jouir pour lui même, entre mes lèvres, contre ma langue. Le flottement radieux et éternel des instants de l’après.
Les petits cadeaux, les petites attentions, le bonheur simple des ballades en silence, des dîner sur une place, des churros sur la plage.
La découverte, précieuse, prometteuse, de ses valeurs, de ses habitudes. Et le dépassement, hilarant, de la honte des choses qu’on veut cacher à l’amour.
Le lien encore plus fort entre nos deux corps, nos deux esprits amoureux.
La sensation de l’évidence. Que c’est lui, que c’est lui. Que c’est moi. L’absence de questions. L’absence magique de doutes.

Bonheur indicible.
Et peur qu’il ne s’évapore.

J’ai cette impression qu’on vit en sursis. Et que chaque bouffée d’oxygène inhalée est un cadeau.

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2014-09-02T18:07:00+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Tristesse-soudaine Tristesse soudaine Je suis à la campagne chez mon père. C'est le soir. Dans la salle de bain, je tombe sur une boîte d'Alprazolam destiné à mon père. Avec l'écriture du pharmacien dessus, qui précise la fréquence de prise du médicament. Mon frère joue un air de guitare triste dans la pièce d'à côté. Sauvagement triste. Je pleure instantanément. Je pense à tous les médicaments que doit prendre mon père. Un sentiment de misère m'envahit. Qui me fait pleurer. De misère cachée sous un papier-peint gratté. Mon frère joue l'air triste en trémolo. Et je pleure. Je suis à la campagne chez mon père. C’est le soir.
Dans la salle de bain, je tombe sur une boîte d’Alprazolam destiné à mon père. Avec l’écriture du pharmacien dessus, qui précise la fréquence de prise du médicament.
Mon frère joue un air de guitare triste dans la pièce d’à côté. Sauvagement triste.
Je pleure instantanément.
Je pense à tous les médicaments que doit prendre mon père. Un sentiment de misère m’envahit. Qui me fait pleurer. De misère cachée sous un papier-peint gratté. Mon frère joue l’air triste en trémolo. Et je pleure.

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2014-08-03T23:23:41+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Mon-homme Mon homme Je ne me suis pas sentie heureuse comme ce soir depuis un long moment, je crois. Heureuse mais calme. Sereine. Heureuse, mais pas exaltée. Heureuse sans suspension. Sans le sentiment latent qu'il faut que j'en profite car bientôt, bientôt, ce bonheur va disparaître. Sans le sentiment désespéré que je dois m'accrocher à ce bonheur. Sans quoi il va disparaître. Parce-qu'il va disparaître. Non. Heureuse dans la plénitude. Ce soir j'écoute la Polonaise de Chopin, Op 53. Posté par Celeste, la sublime Celeste, sur sa page facebook. Ma So. est venue dîner à la maison et est repartie Je ne me suis pas sentie heureuse comme ce soir depuis un long moment, je crois. Heureuse mais calme. Sereine. Heureuse, mais pas exaltée. Heureuse sans suspension. Sans le sentiment latent qu’il faut que j’en profite car bientôt, bientôt, ce bonheur va disparaître. Sans le sentiment désespéré que je dois m’accrocher à ce bonheur. Sans quoi il va disparaître. Parce-qu’il va disparaître.
Non. Heureuse dans la plénitude. Ce soir j’écoute la Polonaise de Chopin, Op 53. Posté par Celeste, la sublime Celeste, sur sa page facebook.
Ma So. est venue dîner à la maison et est repartie il y a une heure.
Papillon m’a envoyé un texto en fin d’après-midi, pour me dire que j’étais une femme géniale. Et que je l’impressionnais.
Je viens de prendre ma douche. Je me sens fraîche, fatiguée. Au bord du sommeil.
Je me fous de ce que je ressens au travail. Je m’en fous maintenant. Je suis loin déjà. Je ne me sens déjà plus là bas. Je n’ai plus envie d’apprendre quoi que ce soit concernant le travail. Je ferai semblant jusqu’au bout. Et puis je m’en irai.
J’ai envie d’eau fraîche mais je n’ai plus de bouteille.
Lundi soir, je suis venue rejoindre Papillon dans son bar. Il était tard. Il était seul. Pas de clients. Quand je suis arrivé, il dansait, seul dans le bar. Sur du Radiohead qu’il avait mis à fond (je l’avais entendu du bout de la rue, tandis que j’arrivais). Il avait une cigarette à la main. Et il dansait tout seul. Il avait une cigarette à la main. Il ne fume pas. C’est ça que j’aime chez lui. Que j’adore. ce grain de folie qu’il ne voit même pas. Je ne veux pas qu’il le perde. Jamais. Plus tard, on faisait l’amour. Il m’a murmuré passionnément qu’il était fou de moi.
Autant de bonheur, ça peut faire peur.
J’ai hâte qu’on s’envole pour Barcelone.
Lundi matin, on sera dans l’avion.

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2014-07-17T00:28:00+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Heureusement Heureusement Je suis lancée dans une bonne dynamique de reprise en main de ma forme (et de mes formes...). Aujourd'hui: 45 minutes de piscine, massages anti-cellulite, sport à la maison, contrôle de mon alimentation, tisanes drainantes et premier jour de complément alimentaire minceur. Je fais attention là, car dans 20 jours exactement, je m'envole pour une semaine à Barcelone avec Papillon. Nos premières vacances ensemble. Je n'ai pas passé de vacances avec un amoureux depuis J. C'est à dire depuis 2008... Il me tarde d'être à l'aéroport et de, pour une semaine du moins, tout oublier. Oublier, Je suis lancée dans une bonne dynamique de reprise en main de ma forme (et de mes formes...). Aujourd’hui : 45 minutes de piscine, massages anti-cellulite, sport à la maison, contrôle de mon alimentation, tisanes drainantes et premier jour de complément alimentaire minceur.
Je fais attention là, car dans 20 jours exactement, je m’envole pour une semaine à Barcelone avec Papillon. Nos premières vacances ensemble. Je n’ai pas passé de vacances avec un amoureux depuis J. C’est à dire depuis 2008… Il me tarde d’être à l’aéroport et de, pour une semaine du moins, tout oublier. Oublier, surtout, ce quotidien qui me tue, qui me dévore. Ce quotidien au travail. Que je passe avec une personne que je déteste et qui me le rend bien. Mais : j’ai vu ma thérapeute hier, elle m’a bien aidé avec ce problème. Elle m’a aidé à gérer la situation, à être plus zen face à ça. Et peut-être, à en sortir la tête haute. Sans que plus personne n’ai rien à me dire. Même si, quoi qu’il en soit, ma décision est prise : avant la fin de l’année, je me tire de là.
Je fais attention à moi, à ne pas me laisser pourrir par le travail. C’est aussi pour ça que je reprends le sport. Pour me sentir mieux dans ma peau, et donc me sentir plus forte. Plus déterminée. çA m’a fait du bien aujourd’hui. Il me manque juste un lecteur MP3 qui va dans l’eau pour ne pas trop me faire chier quand je nage. Sinon ça passe pas vite, et je m’ennuie pas mal.
Papillon est loin, vers Poitiers. Il bosse pour son groupe électro. Il se donne les moyens de réussir, de percer enfin. Je l’admire pour ça. Il a quand même trouver le temps de m’écrire que j’étais magnifique sur ma nouvelle photo de profil facebook. Il me manque. Je me suis encore caressée en pensant à lui. Le visage enfoui dans sa chemise. Dans le pli de l’aisselle plus exactement. à Respirer les vestiges de l’odeur de sa sueur et à soupirer. Il me manque.
J’écoute Angel Olsen, Burn your fire for no witness. Je suis tombée amoureuse de cette nana. De sa musique. De sa voix hallucinante, qui se fout des modes et des conventions. Qui se fout de la norme des voix actuelles. Elle chante parfois du bout de la gorge. Presque des amygdales. C’est étrange et séduisant çA surprend mon oreille.

J’ai écris "heureusement". Heureusement qu’au travail, il y a la cabine de soin. Le rapport privilégié avec les clientes. Celles avec qui il se passe quelque-chose. Comme dimanche là, quand une dame m’a dit que j’irradiais quelque-chose de bon. Qu’au delà de mon joli visage, elle voyait que j’étais une belle personne. Et que le supplément d’âme qui transparaissait derrière mon regard était propre aux filles qui viennent d’ailleurs. Pas aux franco-françaises… çA m’a touché. Je n’ai que des origines andalouses, mais j’aime m’inventer du sang marocain. Et l’on me croit. Quelle importance ? Je viens d’où j’ai envie de venir. La vie est trop courte pour se contenter d’une réalité qui ne satisfait qu’à moitié.

Cette dame qui m’a dit ça, c’était une maman. Avant de m’occuper d’elle, j’avais fait un soin du visage à sa fille. Une très jolie fille. Avec une très jolie peau. Avec elle aussi, le contact était super bien passé. Une sympathie naturelle, qui venait d’elle comme de moi. J’aime ces moments là. Comme je l’ai écris, ils m’aident à tenir.
Alors cette dame, c’était une maman. Et c’est déjà la deuxième fois qu’une maman me fait un réflexion de la sorte à la boutique. Que je suis une belle personne et que ça se voit… La première fois, c’était venu d’une dame canadienne. Elle était là avec sa fille aussi. Et elle m’avait prise dans ses bras. çA me fait tellement chaud au coeur. Et, aussi, je dois le reconnaître, ça me rassure. çA me rassure sur moi. Et ma revanche, ma petite victoire, c’est qu’à ma connasse de responsable, ça n’arrivera jamais ! Personne ne lui dis jamais ça.
C’est étrange, en décembre déjà, ou peut-être en novembre, quand quelqu’un de l’entreprise me disait que S. (ma responsable) était un amour, je tiquais. Parce-que je sentais que ce n’étais pas le cas. Je voyais bien qu’au fond, chez elle, quelque-chose n’allait pas.

Je ne veux plus avoir à être stressé à cause d’elle. Je me lance un défi : arriver sereine au travail et ne plus me laisser angoisser par elle.

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2014-07-01T21:49:00+02:00
http://anabalina.journalintime.com/Avertissement-Oh-Yeah Avertissement, Oh Yeah! Et voilà. Ce qui devait arriver est arrivé. Je suis menacé d'un avertissement si mon attitude au travail ne s'améliore pas. Je suis trop tête en l'air, trop dans ma bulle. Et pis même si j'ai des soucis perso', ben je dois sourire! Merde! Et même si ça se passe mal au travail ben je dois sourire aussi! Et être pêchue! Les clients, y z'ont pas besoin de savoir que je suis stressée au travail! Et pis z'en ont rien à foutre que j'ai des problèmes. Et pis.... Enfin voilà ce que je me suis pris dans la gueule ce matin. J'ai pleuré bien sur. Mais je m'en fous. Cette conne m'a même Et voilà. Ce qui devait arriver est arrivé.
Je suis menacé d’un avertissement si mon attitude au travail ne s’améliore pas. Je suis trop tête en l’air, trop dans ma bulle. Et pis même si j’ai des soucis perso', ben je dois sourire ! Merde ! Et même si ça se passe mal au travail ben je dois sourire aussi ! Et être pêchue ! Les clients, y z’ont pas besoin de savoir que je suis stressée au travail ! Et pis z’en ont rien à foutre que j’ai des problèmes. Et pis....
Enfin voilà ce que je me suis pris dans la gueule ce matin. J’ai pleuré bien sur. Mais je m’en fous. Cette conne m’a même ressorti une bourde que j’avais commise il y a genre 6 mois. Pour attester de la véracité de ses propos :"T’es pas autonome ! J’peux pas t’faire confiance!" Ce que ça peu être mesquin de faire ça… Mais je le retiens, ça. Je le garde bien au chaud. Et je m’en servirai contre elle lorsque je tenterai d’obtenir ma rupture conventionnelle. Je prouverai que c’est personnel. Que ce n’est pas objectif. Plus elle me stresse, plus je fais des "bourdes". Elle s’acharne contre moi.
Enfin bon. Se prendre ça dans la gueule alors que j’avais déjà passé une nuit affreuse, n’ayant pas eu de nouvelles de Papillon pendant 24h00, ça fait mal. çA fait pleurer. çA donne envie de tout casser. Et même sa gueule à elle, de la casser.... Je me sens si frustrée et impuissante.
Papillon, en plus, est tout le temps occupé. Jamais disponible. Je ne sais plus quoi penser…

Trop tête en l’air, trop dans ma bulle. Voilà bien qui prouve que je ne suis décidément pas faite pour ça. Pas faite pour ce monde du travail qui me désole.

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2014-06-27T22:26:55+02:00