Journal de fin de jeunesse

Chrismas Spleen (1)

Peut-on aimer à ce point ?
Aimer à tel point que ça en est douloureux ? Aimer malgré les torts infligés, il y a des années ?
Mon frère était là à Noël. Un Noël presque libérateur pour moi. Parce-qu’à Noël, cette année, j’ai pleuré dans ses bras.

Cette année, il était prévu que je retrouve papa et sa copine au Mée, après mon travail. Et que nous passions le réveillon tous les trois dans l’appartement de ma soeur tandis que celle-ci fêtait Noël chez sa mère, avec mon autre soeur et avec, aussi, son copain.
Puis, il était convenu que : le 25 nous nous retrouvions mon père, sa copine, mes soeurs, Gégé et moi tous ensemble.
Quelque-chose de simple où nous étions peu nombreux.
Pourtant, deux jours avant Noël, papa me dit qu’il y a un changement de programme, et que le 25 finalement, nous nous retrouvons tous chez tatie. Avec mes cousins et cousines ect.
Cette nouvelle m’a agacé, car j’avais vraiment envie d’un petit comité cette année. Un truc reposant et intimiste chez ma soeur. Un truc sans mon frère. Surtout sans lui. Car dés qu’il est là, dés que j’apprends qu’il va venir, alors je me trouve dans un état d’anxiété et d’agacement terrible. Et terrible pour lui, si il le savait, quand on y pense. Quelle tristesse de ressentir ça. Quelle tristesse de ressentir du rejet vis à vis de son frère. De son seul et unique frère. Et ce juste à cause d’un passé odieux, tabou, anormalement violent et qui se prolonge, sans qu’on le veuille, dans le présent comme une tentacule vicieuse et isolée. Qui vient chatouiller le coeur et les tripes chaque fois qu’on croit qu’elle a enfin disparu.
C’est comme ça que je vois le passé désolant qui nous uni mon frère et moi. C’est comme ça que je visualise l’angoisse qui m’étreint dés que j’apprends l’arrivée imminente de mon frère.
Et c’est ce qui s’est passé le soir du réveillon;
Alors que nous étions à peine arrivés chez ma soeur; le téléphone de papa a sonné.