Journal de fin de jeunesse

Sex F..... ? (2)

Lundi. Jour de repos pour moi. Je vais, je pense, m’y faire petit à petit; au travail le dimanche.

Le plus perturbant dans cette histoire avec Th. (que j’appellerai BoBo), c’est que j’étais dans un schéma d’assujettissement.
Alors que nous étions sur le trottoir, ses lèvres dans ma nuque, il a ri d’une manière suffisante en ajoutant : "...quand je pense à ton inaccessibilité de la semaine dernière..." Traduisant ainsi ma dégringolade totale du statut de femme mystérieuse et inaccessible en une seule soirée. Et j’ai eu honte : honte de ne pas réussir à rester une femme inaccessible face à lui. Honte qu’il arrive si bien à me faire dégringoler et apparaître comme le plus banale des nanas. (Ce que je suis, de toute façon, je crois que je l’ai compris mercredi soir avec lui...)
J’ai eu honte de ne pas le surprendre d’avantage. De ne pas l’impressionner d’avantage. Ce type arrogant et insupportable, d’une certaine façon.
C’est que face à lui, et encore plus après sa remarque qui m’a blessé, je me sens complexée intellectuellement. Terriblement complexée. J’ai l’impression que je dois prouver ce que je vaux intellectuellement. Et que, quoi que je dise, il trouvera toujours le moyen de me faire sentir défaillante, superficielle, pas réfléchi : indigne d’intérêt.
Je ne sais pas si c’est une perception. Fausse. Qui vient de moi et de ma peur d’être une imposture. Je ne sais pas si je me fais des idées. Mais face à lui, c’est comme ça que je me ressens. Et c’est à vomir.

Quand on était chez moi. Nus. Dans un espèce de lutte charnelle intraduisible, je l’ai sucé avec plaisir. Il se masturbait contre mon sexe et j’ai eu une envie irrésistible de prendre sa queue dans ma bouche. Et j’ai adoré ça. En pleine conscience que je m’assujettissais moi-même. Mais j’ai adoré ça. Sa queue dans ma bouche avait une saveur délicieuse. J’aurai pu le sucer des heures. (En écrivant ça je meurs de honte et de désir). J’aurai pu, mais j’ai arrêté. Car une fois de plus j’ai senti que je n’étais pas à la hauteur. Je lui ai dis. Il m’a dit que non. Qu’il était "aux anges".

Mais.

Mais : face à lui je ne me sens pas à la hauteur. Ce n’est pas que je ne me sente pas à la hauteur d’une manière générale. C’est que je ne me sens pas à la hauteur de ses attentes. Ses attentes, je ne les connais pas. Mais je les devine. Je les sens comme ça. Des attentes que je ne me sens plus à même de satisfaire aujourd’hui. Parce-que j’ai perdu ma liberté d’avant. Ma facilité d’avant. Aujourd’hui je tergiverse. Je m’encombre de culpabilité et de principes auxquels je ne crois pas. Et pourquoi ? Je ne sais pas. C’est tellement dommage.
Parce-que je sais que si j’arrivais à me laisser avec lui, j’y trouverai mon compte.
Mon corps me le dis.
Mon problème, c’est que je suis incapable de me laisser aller.

Je n’ai toujours pas de ses nouvelles. Je sais que c’est un "challenger" (comme dit ma collègue, la jolie asiatique qui s’avère être une fille adorable alors que je l’avais prise pour un requin.)
Un challenger dans le sens où si il sait que je veux que ça se reproduise, qu’il m’a eut, alors je ne l’intéresserais plus. Il ne reviendra pas. Par contre, si je le rejette, là il y a des chances qu’il réitère.
çA s’avère compliqué. C’est un mec compliqué.
Je ne m’explique pas comment je peux me rabaisser comme ça. Face à lui. Au nom de quoi ? Merde!
Je ne peux pas m’empêcher de penser que je l’ai déçu. Que je ne suis pas la fille libre et inaccessible qu’il s’imaginait. Qu’il m’a trouvé un peu idiote. Et qu’il s’est trompé. çA ma fait encore plus me sentir indésirable. Inintéressante. Indigne de l’intérêt d’un homme.
Et pourtant je l’avais prévenu: "Arrête de me mystifier. Arrête de me fantasmer. Sinon tu vas être déçu."